lundi 23 juillet 2007

Interpol - Untitled (2002)


Lors d'un beau jour en cette année de grâce 2002, je décide d'aller me ballader dans les rayons de la fnac de Bruxelles, histoire d'écouter les dernières nouveautés. Arrivé au niveau des disques en écoute, mon oeil cible aussitôt une pochette intriguante. Du rouge, du noir, un design très sobre... Qu'est-ce donc que cela ? Je décroche le casque et le pose sur mes portugaises ensablées. Le disque déverse la musique... Une guitare en delay, suivie d'un vombrissement de basse bien planant pour finir avec une voix traînante et terriblement froide. Premier morceau de ce premier album, j'ai été conquis d'entrée de jeu. Parlons un peu du groupe. Interpol, c'est une formation New-Yorkaise de East-Village. Ils jouent ce qu'on appelle de la "cold-wave". (la vague froide) La musique jouée est très âpre, nous sommes rapidement envahit par une atmosphère glaciale, voire funèbre. Le groupe ressucite un style que l'on croyait enterré avec Joy Division ou encore le The Cure du début des eighties. L'ensemble n'en reste pas moins très mélodique et la voix de Paul Banks, exceptionelle. Je ne suis pourtant pas grand amateur de voix caverneuse et grave (ormis Dave Gahan, le chanteur de Depeche Mode) mais force est de constater que celle-ci m'a séduit. Ce n'est ni dansant, ni vraiment rock. C'est un peu une sorte de musique mentale qui agit comme un sucre lent. Pour les avoir entre-aperçu à Werchter entre deux bières, je peux dire que cela déménage sur scène. Ouvrez grandes vos oreilles et mettez votre écharpe, vous avez en face de vous un morceau extraordinaire.

dimanche 22 juillet 2007

Bruce Springsteen - Pay Me My Money Down (2006)


En 2006, Bruce Springsteen s'attaque au répertoire folk traditionnel des Etats-Unis. Attention, nous avons là d'authentiques chansons traditionelles américaines et même d'époque pré-coloniale, la plus ancienne datant du XVIè siècle ! Celles-ci se transmettaient uniquement de père en fils. Mais rassurez-vous, ce ne sont pas de vieilles chansons plaintives d'un vieux cow-boy ayant perdu sa dulcinée, que nenni ! Sortez vos santiags, mettez vos chapeaux, et préparez vous à danser sur ce rythme endiablé, dicté par un violon très "old-country", tout au long de la nuit... Bruce nous présente ici son amérique, la vraie. Pas celle de Bush. Celle qu'elle a toujours été : irlandaise, écossaise, italienne, noire, espagnole... Une amérique faite de métissages, d'hommes, de souffrance, de travail et de peine. Un bel hommage pour ses oeuvres qui sont souvent engluées et oubliées dans les poussières du passé. "Pay Me My Money Down" est une chanson de révolte que chantaient les dockers noir de Georgie envers les capitaines peu scrupuleux de navires marchands, qui ne les payaient pas pour leurs dur labeur. Entouré d'une quinzaine de musiciens, notre copain du New-Jersey modernise donc ses petites perles d'antant, tout en gardant l'esprit tradionnel des instruments. (Violon, Banjo, Accordéon, Trompette, Contre-Basse...) Un bien bel hommage aux racines...

samedi 21 juillet 2007

Led Zeppelin - Since I've Been Loving You (1970)


Sans aucun doute le plus beau blues joué et écrit par des blancs, "Since I've Been Loving You" se trouve sur le troisième album du groupe, sobrement intitulé "Led Zeppelin III". Nous sommes au tout début des seventies. A cette époque, le "Zep" est déjà un dinosaure du rock qui écrase toute concurrence. Après deux albums éblouissants, des tournées où les excès et les écarts sont légion, (chambres d'hotel dévastées, drogues, groupies...), les quatres anglais se retirent au calme au Bron Y-Aur cottage au Pays de Galles, pour plancher sur leur nouveau disque. Et qui dit nouveau disque, dit nouveau style. Enfin, presque... C'est en effet sur cette nouvelle galette que Robert Plant et ses compagnons vont se laisser aller à leurs vraies racines : écrire des chansons folk et blues. Oh, il y a toujours un peu de cette rage qui a fait leur marque de fabrique, rassurez-vous. Je pense notament à "Immigrant Song" qui ouvre le disque. Mais la compo qui tient le haut du pavé, c'est sans conteste celle présentée aujourd'hui. Led Zeppelin ferme bons nombres de caquets avec ce blues en prouvant qu'ils peuvent écrire de magnifiques chansons et pas que du heavy-metal frénétique. Plant n'a jamais chanté aussi haut, Bonzo démontre qu'il sait faire autre chose de plus fin que de massacrer ses fûts, Jones est éblouissant à la basse, et le solo de Page reste légendaire. Pour moi, cette chanson mérite d'être aussi connue et célèbre que Stairway To Heaven. Evidemment, ce morceau et ce disque prendra beaucoups de personnes à rebrousse poil. Mais cela n'empêchera pas Led Zeppelin de rester tranquillement assis sur son trône, gardant sous sa botte les autres formations montantes. Si vous ne connaissez pas "Since I've Been Loving You", je vous conseille de l'écouter ne serait-ce qu'une fois. C'est un vrai classic-rock ! (ou plutôt classic-blues, c'est comme vous voulez...)

vendredi 20 juillet 2007

U2 - Love Is Blindness (1991)


Aie aie aie... Sato met du U2 ! Oui, je sais, pour beaucoups de personnes, U2 représente un dinosaure perché sur sa montagne de dollars, tenue en laisse par un leader qui passe plus de temps à couiner pour les causes humanitaires, qu'a chanter derrière ses lunettes fumées. Pour d'autres (dont moi), U2 est tout simplement un groupe extraordinaire qui nous a pondu pas mal de pépites légendaires. Pas question de revenir sur leurs archi-classiques qui passent dans toutes les bonnes soirées "rétro-80", je préfère plutôt parler d'une chanson moins connue, mais ô combien superbe. "Love Is Blindness", avec son introduction d'orgue de messe, raconte la triste histoire d'une prostituée qui recherche désespérement l'amour, même parmis ses clients. Bono y conte ses lieux de travail, une rue bondée, une voiture garée ("A parked car, a crowded street") où chaque jour, elle espère ne plus y revenir. On ressent très fort l'état de lassitude dans lequel est plongé la jeune fille qui recoit quotidiennement cet amour "froid" et "faux". Une chanson qui est malheureusement, toujours d'actualité. ("Take the money, Honey") "Prends l'argent, chérie" clôture la chanson. "Chérie" est souvent le surnom cliché donnés aux filles de la rue... Enregistré entre Dublin et Berlin, ce disque tranche vraiment avec la période années 80 du groupe, elle entre de plein pied dans la nouvelle décénie nineties avec un nouveau son, une nouvelle orientation. Ben oui, c'est mon disque préféré, même devant Joshua Tree !


Regardez Love Is Blindness ici (montage vidéo réalisé pour la tournée ZooTv, deux ans plus tard)

jeudi 19 juillet 2007

Guns'n'Roses - Welcome To The Jungle (1987)


Je ne pouvais pas passer sous silence un des mes groupes de jeunesse, les "Guns" ! Sans doute l'un de mes premiers amours du rock, les disques des Guns'n'Roses qui trainaient dans ma chambre n'étaient jamais bien vus par mes parents, qui se demandaient bien ce que je pouvais trouver d'attrayant dans ce groupe de drogués, tatoués et vulgaires. Aah, ce bon vieux Axl et sa voix pincée de Canard-WC, le crade Slash avec son éternel chapeau vissé sur sa tignasse bouclée et le bassiste junkie Duff McKagan qui me faisait un peu penser à Sid Vicious, c'était le bon vieux temps ! L'aventure commence lorsque Axl Rose rencontre Izzy Stradlin en 1982. Aux deux amis (ayant un casier judiciaire long comme le bras) s'associe le ténébreux Saul Hudson, alias "Slash" et le noyau dur du groupe prends forme. Appetite For Destruction, le premier véritable album, sera le disque qui lancera les rockeurs de Los Angeles, grâce notamment à ce titre (Welcome To The Jungle) ainsi que le célèbre "Sweet Child O'Mine". Vendu à des millions d'exemplaires et passant en boucle rotative sur Mtv, Guns'n'Roses devient rapidement un des groupes les plus connus au monde entre 1987 et 1992. Musicalement, il n'y a pas photo, c'est du bon hard-rock ocillant entre un Led Zeppelin surboosté, une bonne louche de guitares bien distortionnées à la Sex Pistols et une pincée de punk. Pour la petite histoire, la pochette originale du disque représentait une fille violée par un robot. Bien évidemment, elle créa une terrible polémique et fût finalement relayée en page centrale du livret. Z'étaient quand même très rock'n'roll ces poilus... Et dire que tout cela sera balayé d'un revers de la main par Nirvana quelques années plus tard...

mercredi 18 juillet 2007

Jimi Hendrix - Rock Me Baby (1967)


Enregistré au festival de Monterey, le 18 juin 1967, "Rock Me Baby" n'a rien perdu de sa puissance. Le jeune Jimi, ici âgé d'a peine 24 ans, et pas encore mondialement connu, nous livre une prestation epoustouflante qu'il n'est même plus nécessaire de décrire. Présenté par Brian Jones en début de concert, Jimi fait là sa premiere grosse scène sur sa propre terre, les Etats-Unis. (Jimi vit et joue à Londres à cette époque) C'est d'ailleurs ce jour-là qu'a lieu une des images les plus marquantes de sa courte carrière : en fin de concert, Jimi immole par le feu sa Fender avant de la pulvériser au sol. Si vous observez la vidéo de ce live, Jimi donne l'impression de ne faire qu'un avec sa guitare. Il la regarde à peine, comme si ses mains sonnaient les cordes par instinct. De quoi faire pâlir de jalousie les plus grands guitaristes ou de décourager les néophytes... Interviewé quelques années plus tard, Pete Townshend, le guitariste des Who, raconte cette soirée où les anglais ont fait la première partie de l'américain. "Jimi et moi même avions eu des mots avant de monter sur scène car nous nous disputions quand à savoir lequel jouerait en premier." "Si je passe après toi, ca va faire très mal ! On cassera la baraque !" avait avertit Jimi à Pete. C'est finalement à pile ou face que les deux hommes vont décider du destin. Jimi perdra au tirage au sort et d'après les témoignages, il sautera frénétiquement sur sa chaise avant de la fracasser de rage. Toujours est-il que le petit génie de Seattle tiendra sa promese et livrera une prestation légendaire. Et en effet, à l'évocation de cette soirée, Pete regarde le journaliste et lui dit d'un air blasé : "Quand je l'ai vu jouer, je suis passé pour un petit gratouilleur du dimanche..."


mardi 17 juillet 2007

Archive - Again (2002)


Un beau soir d'hiver 2002, quai des Carmes, direction Huy-Liège. Je suis installé dans le siège passager de la voiture de mon ami Manu, qui nous conduit vers une nouvelle soirée dans les cafés embrumés du carré Liègeois. Soudain, Manu tends sa main vers le bouton de volume et le pousse dans le rouge. "Voila mon coup de coeur du moment." me dit-il avec un grand sourire, sans quitter les yeux de la route. La chanson "Again" du groupe Archive envahi alors l'habitacle de sa musique planante et pure. Avec une voix très aérienne, une basse bien en avant, un piano et une guitare légèrement saturée, "Again" atteint directement sa cible : le coeur. Dès les premières notes, je sens que je suis en passe de laisser entrer cette chanson dans mon panthéon privé de compositions favorites. (et Dieu sait si les places sont disputées) Manu est un grand amateur de Pink Floyd; et je ne suis guère étonné de le voir tapoter sur son volant en hochant la tête sur le rythme des basses. En écoutant ce boquet, on y entrevoit sans problème le fantôme du Floyd plâner tout autour... "Again" est sans aucun doute le morceau le plus connu des Anglais et le single incontournable de ce disque. C'est le genre de morceau qui peut vous emmener loin... très loin d'ici.

Regardez la video d'Again ici