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samedi 10 novembre 2007

Sam Cooke - A Change Is Gonna Come (1964)

Considéré comme l'un des fondateurs de la musique soul, Sam Cooke fût l'un des plus grand chanteur noir de l'histoire de la musique. Sa musique et sa mort prématurée eurent un impact considérable sur les générations suivante et sur la musique en général. "A Change Is Gonna Come" ("Un changement va arriver") est enregistrée le 21 décembre 1963 à Los Angeles, soit presque un an jour pour jour avant sa mort. C'est après avoir entendu "Blowin' in the wind" de Bob Dylan que Sam écrivit cette chanson. Aussitôt son écoute terminée, il s'engouffra dans le bus de tournée et coucha sur papier les premières paroles du futur morceau. Le jeune chanteur fût très ému et heureux qu'une chanson aussi poignante dénoncant le racisme, puisse être écrite par un blanc. Car Sam Cooke dénoncait bien haut la ségrégation et l'injustice dont il était souvent victime. Peu avant l'écriture du morceau, Sam et ses musiciens furent arrêtés en Louisianne pour trouble d'ordre public alors qu'il demandaient simplement une chambre dans un hotel réservé aux blancs. Cet épisode tragique est paraît-il, également à l'origine de ce boquet. Le nombre d'artistes ayant repris "A Change Is Gonna Come" est impressionnant. Parmis eux, on y retrouve : Otis Redding, Marvin Gaye, The Fugees, Aretha Frankin, Bob Dylan, James Taylor, Tina Turner, The Supremes et même le rapeur-crétin Ja Rule. Plus proche de nous, on retrouve également ce morceau dans le film "Ali" de Michael Mann, avec Will Smith, sortit en 2001. (Pour la petite histoire, Mohamed Ali et Sam Cooke étaient de très bons amis) Quelques paroles avant de terminer : "It's been too hard living. But I'm afraid to die. I don't know what's up there beyond the sky. There's been times that I thought I wouldn't last for long. But now I think I'm able to carry on. It's been a long, long time coming. But I know a change is gonna come. Oh, yes it will." ("Ce fût trop dur de vivre. Mais j'ai peur de mourir. Je ne sais pas ce qu'il y a la-haut, par delà le ciel. Il fût un temps ou je pensais que je ne tiendrai pas. Mais à présent je pense que je peux y arriver. Ce fût une longue, longue attente. Mais un changement arrivera. Oh oui, cela viendra.") Interviewé quelques années plus tard, Rene Hall, l'instrumentaliste qui fût présent lors de l'enregistrement, raconta que Sam est allé rechercher toutes ses influences gospel pour chanter sa chanson. "Il chanta avec une telle passion et une telle intensité qu'encore aujourd'hui, je ne connais personne qui lui arrive à la cheville."


Regardez A Change Is Gonna Come ici

jeudi 11 octobre 2007

The Shadows - Apache (1960)

Morceau instrumental, "Apache" est le boquet le plus célèbre des Shadows, un des plus vieux groupe anglais en activité jusqu'a pas si longtemps. (leur tournée d'adieux eu lieu en 2005) Mais remontons 45 ans en arrière. Nous sommes le 17 juin 1960 dans les studio Abbey Road de Londres, le studio qui à vu naître les albums des Beatles. Ce jour-là, les cinqs musiciens (trois guitares, une basse et une batterie) enregistrent ce qui va devenir l'un des plus célèbres morceau instrumental de l'histoire. Parmis les membres du groupe, on retrouve un certain Cliff Richard. Il est amusant de savoir qu'a l'époque, ce genre de composition était révolutionnaire pour son son. En effet, les instruments électrifiés n'étaient pas répandus comme aujourd'hui. Beaucoups de groupes jouaient encore avec une contrebasse par exemple. Pour l'enregistrement, Joe Brown le guitariste, s'était acheté une guitare électrique qui avait la particularité d'émettre des sons "reverbes". Mécontent, il la donna à son ami Hank Marvin qui trouva la bonne idée d'y inclure son vibrato Fender. (Il s'agit d'une tige métallique vissée au niveau du chevalet qui permet de faire "vibrer" la note, comme son nom l'indique) Accouplé à une guitare acoustique, une basse électrique, une batterie et des percussions tribales, cela donnera "Apache", le boquet qui influencera des tas de musiciens, et cela, avant les beatles ! Inspiré d'un western du même nom sortit en 1954, "Apache" plonge l'auditeur dans une atmosphère indienne. Est-il nécessaire de dire que la liste des artistes ayant repris ce classique est longue comme le bras ? Ce morceau très apprécié par mon papa et mon beau-papa.

Regardez Apache ici

Regardez Apache ici (live en 1989)

jeudi 4 octobre 2007

The Rolling Stones - Sympathy For The Devil (1968)


"Please allow me to introduce myself, I'm a man of wealth and taste. Ive been around for a long, long year. Stole many a mans soul and faith" "Permettez moi de me présenter, je suis un homme de richesse et de gout. Je suis dans le coin depuis de nombreuses années, à voler l'âme et la foi des hommes." Les paroles d'ouverture de "Sympathy For The Devil" rentrent de suite dans le sujet, nous allons avoir une petite conversation avec le diable, incarné ici par Mick Jagger. (il chante à la première personne) Ecrite en grande partie par le chanteur anglais, elle fût completée par son faux frère-jumeau Keith Richards qui y ajouta les percussions tam-tam, les choeurs ("hou ! hou !") et bien évidemment, le solo de guitare. Sur toutes les chansons un peu "satanistes" du groupe, je pense que celle-ci n'y va pas par quatre chemins. "I was round when Jesus Christ had his moment of doubt and pain. Made damn sure that Pilate washed his hands and sealed his fate." "J'étais là quand Jesus Christ a eu ses moments de douleur et de doute. A m'assurer que Pilate s'en lave les mains et accomplisse son destin." Dans le genre provocateur (surtout pour l'année 1968), c'est pas mal du tout. Mick Jagger n'est pas en reste puisqu'il évoque également les meurtres de John F. Kennedy et des Tsars Russes d'avant la révolution. Interrogé sur l'inspiration de ce boquet, Mick répondit au journaliste : "Je pense que cela vient de l'un de mes vieux bouquins sur Baudelaire. Je peux me tromper, mais je suis sur que cela vient de la littérature française. J'avais lu un paragraphe et je l'ai développé pour écrire cette chanson." Ce n'est pas la première fois que les Stones choquent le peuple avec des paroles aussi directes. Le groupe avait déjà été vertement critiqué l'année précédente pour son morceau "Let's spend the night together" et sa connotation clairement sexuelle. D'après les membres du groupe, le "mal" cité dans la chanson n'est pas Satan lui-même, mais bien l'homme tout court, qui a commit tant d'atrocités envers ses frères au cours de l'histoire. (guerre de religion, assassinats ou guerre tout court) "I watched with glee while your Kings and Queens fought for ten decades for the Gods they made." "J'ai regardé avec allégresse vos rois et vos reines se battre pendant des décénies pour des dieux qu'ils se sont inventés." Bref, si on gratte un peu, on découvre que "Sympathy For The Devil" est une critique envers les crimes humains. Mais cela n'empêchera pas l'opinion publique de traiter les Stones de satanistes. Jagger s'est expliqué quelques années plus tard à ce sujet : "Je ne comprends pas cette accusation. Il ne s'agit que d'une chanson après tout. Ce n'est pas comme si nous avions sortit un disque avec plein de signes occultes et sataniques. Les gens prennent tout au pied de la lettre. Pourtant, quand je vois certains groupes de métal aujourd'hui..." La chanson fût enregistrée en deux jours aux studios Olympic Sound de Londres. Les choeurs que nous entendons sont ceux de Marianne Faithfull, Anita Palenberg (respectivement les petites amies de Jagger et Richard), Bill Wyman (le bassiste) et bien évidemment, Mick et Keith. Bien entendu, cette chanson fût énormément reprises par de nombreux groupes. La plus célèbre est sans doute celle des Guns'n'Roses qui l'a reprise pour le film "Entretient avec un vampire" en 1994 avec Tom Cruise, Brad Pitt et Christian Slater. Un petit mot sur l'album pour finir, la pochette de "Beggars Banquet" qui représente des toilettes pas très accueillantes avec des graffitis, fût censurée à l'époque par la maison de disque Decca. Il a fallu attendre la ré-édition pour retrouver la pochette originale. C'est également le dernier disque où apparaît Brian Jones, qui mourra l'année suivante. Un grand classique des Stones.


Regardez Sympathy For The Devil ici


Regardez Sympathy For The Devil ici (version Guns'n'Roses)

dimanche 30 septembre 2007

Otis Redding - Shake (1967)


Otis Redding fût et reste encore aujourd'hui, un des plus grands chanteurs de soul de l'histoire. La plupart des gens connaissent Otis via son succès posthume : "Sittin' On The Dock Of The Bay", sortit en 1968. Bien que cette chanson est magnifique, je vous propose quelque chose d'un peu plus survitaminé. En effet, si Otis était réputé pour sa magnifique voix, il était également reconnu pour son énergie dégagée sur scène et sur ses disques. Véritable petite pile humaine, le chanteur américain nous livre des chansons survoltées accompagnée de cuivres, de grosses caisses et de bonne humeur. La preuve en est avec cette vidéo proposée aujourd'hui. Nous sommes à Monterey en Californie, le samedi 17 juin 1967. Otis partage l'affiche avec Janis Joplin, les Byrds ou encore les Jefferson Airplane. Notre ami black monte sur scène et entame d'entrée de jeu une reprise de Sam Cooke, "Shake". Jamais une chanson n'aura porté aussi bien son nom. ("secouer") Quel bonheur de le voir tout souriant, en pleine forme, saluer le public et l'inviter à hurler sa joie avec lui. Pour l'anecdote du jour : la célèbre chanson "Respect" qui fût un succès colossal pour Aretha Franklin, fût écrite et enregistrée par Otis. (il le signale d'ailleurs à la fin de la vidéo. "Une fille m'a piqué mon morceau.") Malheureusement, ce concert fût l'un des derniers du chanteur. Le 10 décembre de la même année, l'avion privé d'Otis s'écrase dans un lac du Wiscontin et notre ami décède dans l'accident. Il avait 26 ans.

lundi 24 septembre 2007

Creedence Clearwater Revival - Fortunate Son (1969)


Enregistré en septembre 1969 et écrite par le guitariste-chanteur John Fogerty, "Fortunate son" est la première chanson de la face B du quatrième album du groupe : "Willy and The Poor Boys". Ecrite alors que son pays les Etats-Unis s'enlise au Vietnam, "Fortunate Son" que l'on peut traduire par "Fils Privilégié" ou "Fils Fortuné", dénonce certains jeunes hommes qui furent exempté du service militaire (et notamment de la guerre du Vietnam) grâce à leurs statut de fils d'hommes de pouvoir ou de célébrité. John raconta dans une interview qu'il fût inspiré par David Eisenhower, le petit-fils du président américain Dwight Eisenhower et également mari de la fille de Richard Nixon, alors président au moment de l'écriture du morceau. Pour la petite histoire, David fût bien convoqué (dans la navy) mais ne fut jamais envoyé au Vietnam. John pensait que ce traitement de faveur était du à sa famille célèbre et à ses liens avec Nixon. Comme tous les artistes de sa génération, les Creedence s'opposent à la guerre et à la conscription obligatoire pour tous les jeunes hommes. Très populaire à sa sortie, cette chanson était paraît-il, souvent diffusée au sein des divisions armées qui combattaient sur le front. Pour les attentifs, on la retrouve dans le film Forrest Gump avec Tom Hanks (sortit en 1994) dans la scène où Forrest arrive au Vietnam par hélicoptère. Cette chanson atteindra la 14ème place des charts américains et restera comme une des plus célèbres protest-song anti-vietnam. Elle fût reprise par de nombreux artistes engagé dans des causes humanitaires ou politiques comme U2, Bruce Springtseen, Pearl Jam, Jean Wyclef ou encore Bob Seger. Toujours d'actualité, John Fogerty chanta cette chanson en avertissement (et en rappel) devant le président Bill Clinton, le 31 décembre 1999, pour la fête du millénaire au mémorial Lincoln. (qui est le lieu ou Martin Luther King prononca son fameux discours "I have a dream")


dimanche 26 août 2007

The Moody Blues - Nights In White Satin (1967)

Encore un grand classique des sixties. Sortit en plein "summer of love", (40 ans déjà !), on ne compte plus le nombre de mariages, de bals ou de slows où ce morceau a été diffusé. "Nights In White Satin" clôt le second album des Moody Blues : "Days Of Future Passed". Nous sommes donc en 1967, et le groupe se sépare du label Decca Records après seulement un disque produit. Ce label est célèbre pour avoir notamment refusé de signer les Beatles, alors anonymes. Les anglais passent chez Deram Records qui leur proposent un contrat uniquement si le groupe accepte de reprendre en version rock, "La Symphonie du Nouveau Monde" d'Antonin Dvorak, composé en 1893. Les Moody Blues acceptent et parviennent à convaincre le boss Peter Knight de leur donner une chance en sortant d'abord un disque de leur cru. Le 14 décembre 1967 sort "Days Of Future Passed" et il sera un succès colossal pour la formation de Birmingham. (qui n'aura pas à faire cette longue reprise de Dvorak) Pour ceux qui l'ignorent, ce disque est un concept-album. En sept chansons qui se suivent, le groupe raconte la journée d'un homme ordinaire, de l'aube à la nuit. "Nights In White Satin" en est bien évidemment la dernière plage. Single (ou plutôt, 45 tours) vendu à plus d'un million d'exemplaires à l'époque, le groupe lie ici rock-progressif et rock symphonique. Ils sont accompagnés par le London Festival Orchestra. Mais le succès de cette chanson est surtout dû au mélotron, instrument ancestral ô combien utilisé dans les sixties. Ce sera d'ailleurs lui qui fera le son et la signature des Moody Blues. Il existe deux versions de cette chanson. La version courte, celle que tout le monde connait, et la version originale, présente sur le disque, qui dure plus longtemps et qui se termine par une longue envolée symphonique. (et qui est plus belle à mon humble avis) Composé par Justin Hayward le guitariste, à l'âge de 19 ans, on raconte qu'elle fût écrite en un quart d'heure de temps, après une déception amoureuse. Le titre quand à lui, fût inspiré après qu'un ami lui ait offert un drap de lit en satin. (drôle de cadeau me direz-vous). Malgré la très longue carrière des Moody Blues (qui sont toujours en activité), le grand public ne retiendra que ce classique intemporel...

dimanche 19 août 2007

The Who - My Generation (1965)


Ecrite par le guitariste Pete Townshend, "My Generation" est devenu en 40 ans, un vrai classique du rock, si pas de la musique contemporaine. Chanson phare des Who, "My Generation" est enregistré en octobre 1965 à Londres. Pete est alors agé de 20 ans et s'inquiète pour son avenir. Il en résulte des paroles qui vont rester dans analles de l'histoire : "I hope I die before I get old". "J'espère mourir avant de vieillir". Nous sommes en plein sixties, et ce genre de compo qui pointe le bout de sa guitare en choque plus d'un. Le morceau sera d'ailleurs un énorme succès puisqu'il s'installera en deuxième position des charts britannique. C'est l'un des premiers morceaux de rock à mettre la guitare basse en avant plan. John Entwistle, bassiste hors pair, nous joue un solo bien endiablé après le deuxième couplet. (et en live, c'est encore plus impressionant) Il est amusant de savoir que John brisa pas moins de 3 jeux de cordes de basses lors de l'enregistrement. Autre aspect étonnant, Roger Daltrey, le chanteur-musclor, begaye volontairement lors du couplet. D'après ce que j'ai pu lire, Roger voulait évoquer une drogue qui faisait begayer après consomation. Autant dire que ce morceau à eu un impact considérable sur un tas de musiciens. Des bassistes décident de mettre des solos, le son dur et violent de la batterie de Keith Moon inspirera plus d'un batteur et enfin, beaucoups de jeunes de cette génération se reconnaissent dans les paroles de Townshend. Bien entendu, le nombre de reprises de "My Generation" se compte par brouettes entières... (Oasis, Green Day ou encore Iron Maiden, pour ne citer qu'eux...)

Regardez My Generation ici (en live a Monterey. On y voit le groupe pulvériser leurs instruments à la fin du set)

Regardez My Generation ici (repris par Oasis)

Regardez My Generation ici (repris par Green Day)
Regardez un solo de John Entwistle à la basse ici (ou l'art de faire pâlir de jalousie les jeunes apprentis)

jeudi 16 août 2007

Elvis Presley - If I Can Dream (1969)

Le roi est mort. Vive le roi ! Il y a 30 ans aujourd'hui, jour pour jour, Elvis Aaron Presley mourrait dans son fort luxueux et retranché de Graceland. Il avait 42 ans. De son vivant, notre bonhomme a vendu à peu près 700 millions de disques ! (oui, vous avez bien lu) Même si il n'était pas le meilleur, Elvis fût l'un des plus grands chanteurs du XXème siècle. C'est via ma maman que j'ai entendu pour la première fois le "King". Je ne saurais d'ailleurs dire à quand remonte ma première rencontre auditive avec Elvis, tant cet artiste a toujours sévit dans les hauts-parleurs de la maison... Petit bond dans le passé pour la chanson du jour. Nous sommes en 1968, à cette époque, Elvis arrive en bout de piste de sa piètre carrière d'acteur. 27 films tous aussi mauvais les uns que les autres. (bon, je suis mauvaise langue, on peut juste en retenir trois ou quatres...) Le "King" est également inquiet pour sa vraie carrière, celle de chanteur. Le rock a évolué depuis 1954 et du sang neuf comme les Doors, Jimi Hendrix, les Beatles ou encore les Rollings Stones, ne se sont pas priés pour prendre sa place dans le coeur de la nouvelle génération. Et pourtant, c'est vers la fin des sixties qu'Elvis va rebondir. Il épouse Priscilla Beaulieu et devient père d'une petite Lisa-Marie. Il fait son retour à la chaine NBC et bat tous les reccords d'audience. "If I Can Dream", qui a fait partie du set-list, est une chanson simple. Elle parle d'un homme qui rêve tout simplement d'un monde meilleur. Les paroles peuvent paraitre un peu niaises et utopiques, mais avec la voix du King dessus, il en est tout autrement ! "If I can dream, of a better land, where all my brothers walk hand in hand, tell me why. Oh why. Oh why can't my dream come true ?". Si la fin des sixties est le début d'un nouveau souffle pour Elvis, c'est aussi le début de sa décheance qui passera par les dépendances aux médicaments, la paranoïa en tout genre, les costumes extravagants, les concerts à Las Vegas devant un public de bourgeois international pour le mener à sa mort, neuf ans plus tard. Mais n'oubliez pas que sans Elvis, il n'y aurait pas tous ces artistes aujourd'hui...


Regardez If I Can Dream ici (montage photo - hommage à Martin Luther King)

mardi 14 août 2007

Simon & Garfunkel - The Sound Of Silence (1964)


Qui ne connaît pas le plus célèbre duo des années 60, si pas des quarante dernières années ? Paul Frederic Simon et Arthur Ira Garfunkel, se rencontrent en 1953 à l'école primaire, alors qu'ils jouent dans une pièce de théatre. ("Alice au pays de merveilles" pour être précis) Il est amusant de savoir que le tout premier groupe de Simon et Garfunkel se nommait "Tom et Jerry". Sortit sur leur premier album "Wednesday Morning 3 a.m." en 1964, "The Sound Of Silence" connaît un succès tardif. Colossal, mais tardif. En effet, la composition folk mettra deux ans avant de perçer. Le 1er janvier 1966, elle devient numéro 1 aux Etats-Unis. Pendant ce temps-là, le duo se sera déjà séparé une fois. A leur grande et agréable surprise, les deux compères se réunissent à nouveau et enregistrent de nouveaux morceaux qui feront d'eux les stars que l'on connait aujourd'hui. "The Sound Of Silence" fût donc la mèche (un peu humide au début) qui mit le feu aux poudres. Elle fût écrite par Paul Simon peu après l'assasinat de John F. Kennedy, abattu à Dallas, le 22 novembre 1963. Paul a voulu capturer dans cette chanson l'émotion et le traumatisme subit par les américains lors de la perte de leur jeune et charismatique président. Elle sera classée en 156ème position des 500 plus belles chansons of all time par le célèbre magazine Rolling Stones. Aux USA, c'est la 18ème chanson la plus diffusée entre 1960 et 2000. Intégralement chantée à deux voix, c'est, à mon humble avis, l'une des plus belles chansons folk de tous les temps.

Regardez The Sound Of Silence ici (version originale - montage photo)

Regardez The Sound Of Silence ici (en live en 1981 à Central Park)


vendredi 27 juillet 2007

Blind Faith - Can't Find My Way Home (1969)


En novembre 1968, le super-groupe Cream se sépare. Eric Clapton se retrouve dans sa maison du Surrey, dans le sud de l'Angleterre, à jammer avec son copain Steve Windwood, fraichement issu de son groupe Traffic, également séparé. Alors que la carcasse de Cream est encore fumante, Clapton engage son ancien batteur Ginger Baker derrière les fûts, et Rick Grech à la basse. (Clapton ne voulant pas de son ancien bassiste, de peur que cela ne fasse un "Cream II") Après un concert gratuit à Hyde Park, a Londres, le public s'enlise pour ce nouveau super-groupe. Mais au cours de la tournée qui s'ensuivra, le public sifflera la formation, réclamant des morceaux de Cream et de Traffic. (que le groupe sera par moment forcé de jouer pour apaiser les esprits) Cela n'empêchera pas de voir l'unique album éponyme du quatuor atteindre la première place des charts. Mais les rumeurs persistantes de séparation, la pression énorme du public pour entendre Cream sur scène, aura raison de la patience des anglais. Blind Faith se sépare donc en 1969 après une toute petite année d'activité. Une vie bien éphemère... Comment ne pas évoquer Blind Faith sans parler de son intriguante pochette qui provoqué tant de polémiques à l'époque. Celle-ci représente une jeune fille de 14 ans nue, tenant dans ses mains un avion aux formes clairement phallique. Curieusement, cette photo n'a pas étée censurée en Europe. En revanche, nos potes américains si puritains, ont éxigés une pochette alternative pour le marché U.S. Ce fût fait avec une simple photo du groupe en noir et blanc. Il est amusant de savoir que les rumeurs les plus farfelues avaient circulés à son sujet : la fillette est en fait la fille cachée de Baker ou encore qu'il s'agissait d'une jeune groupie qui était soumise sexuellement par les membres du groupe. Autre information interessante, le nom du groupe ne figure pas sur la pochette, ce qui était assez surprenant pour l'époque. Toujours est-il que cet album est l'unique héritage qui nous est parvenu jusqu'a aujourd'hui, nous démontrant toute la puissance du rock des sixties.

Regardez Can't Find My Way Home ici (montage de photos de l'époque)

mercredi 18 juillet 2007

Jimi Hendrix - Rock Me Baby (1967)


Enregistré au festival de Monterey, le 18 juin 1967, "Rock Me Baby" n'a rien perdu de sa puissance. Le jeune Jimi, ici âgé d'a peine 24 ans, et pas encore mondialement connu, nous livre une prestation epoustouflante qu'il n'est même plus nécessaire de décrire. Présenté par Brian Jones en début de concert, Jimi fait là sa premiere grosse scène sur sa propre terre, les Etats-Unis. (Jimi vit et joue à Londres à cette époque) C'est d'ailleurs ce jour-là qu'a lieu une des images les plus marquantes de sa courte carrière : en fin de concert, Jimi immole par le feu sa Fender avant de la pulvériser au sol. Si vous observez la vidéo de ce live, Jimi donne l'impression de ne faire qu'un avec sa guitare. Il la regarde à peine, comme si ses mains sonnaient les cordes par instinct. De quoi faire pâlir de jalousie les plus grands guitaristes ou de décourager les néophytes... Interviewé quelques années plus tard, Pete Townshend, le guitariste des Who, raconte cette soirée où les anglais ont fait la première partie de l'américain. "Jimi et moi même avions eu des mots avant de monter sur scène car nous nous disputions quand à savoir lequel jouerait en premier." "Si je passe après toi, ca va faire très mal ! On cassera la baraque !" avait avertit Jimi à Pete. C'est finalement à pile ou face que les deux hommes vont décider du destin. Jimi perdra au tirage au sort et d'après les témoignages, il sautera frénétiquement sur sa chaise avant de la fracasser de rage. Toujours est-il que le petit génie de Seattle tiendra sa promese et livrera une prestation légendaire. Et en effet, à l'évocation de cette soirée, Pete regarde le journaliste et lui dit d'un air blasé : "Quand je l'ai vu jouer, je suis passé pour un petit gratouilleur du dimanche..."


vendredi 13 juillet 2007

Roy Orbison - In Dreams (1963)


Ce qui est merveilleux avec Roy Orbison, c’est que non seulement d’avoir une voix magnifique, il détache parfaitement bien ses syllabes. L’écouter, c'est une belle occasion de travailler son oreille anglaise. C’est via ses chansons que ma maman a su maitriser la langue de Shakespeare. Sa voix n'a d'ailleurs rien à envier à son collègue Elvis Presley qui le considérait d’ailleurs comme son unique rival. In Dreams, l’un de ses plus grands succès, est une chanson très triste et mélancolique. Elle raconte l'histoire d'un homme qui aime toujours une femme qui l’a quitté. C’est dans ses rêves qu’il est le plus heureux et qu’il retombe dans ce monde illusoire. On pourrait sortir plus de kleenex en imaginant que la personne aimée se trouve dans une autre vie. C’est d’autant plus poignant quand on sait que Roy a connu beaucoups de malheurs dans sa vie à cette époque. Personnage timide, généreux, modeste, toujours campé derrière ses grosses lunettes noires (il avait une maladie rare aux yeux), il est considéré comme l’un des plus grands chanteurs romantique de l’histoire de la musique.


jeudi 12 juillet 2007

The Good The Bad & The Ugly - The Ecstasy Of Gold (1966)


Aujourd'hui, une bande originale de film. Et pas n'importe laquelle !

Je suis sûr que tout le monde ici connait la sensation du frisson d'admiration lorsqu'on est subjugué par une musique qui nous plait. C'est mon cas avec cette magnifique b.o. signée par l'italien Ennio Morricone. Tiré du classique western-spaghetti "Le Bon, La Brute et Le Truand", sortit en 1966 avec Clint Eastwood, Eli Wallach et Lee Van Cleef, "The Ecstasy Of Gold" est jouée dans la scène finale où Tuco, alias le truand, découvre enfin le cimetière où sont supposés se cacher les 200.000 dollars dans une tombe d'un soldat sudiste. Tuco court à corps perdu à travers les tombes, laissant l'îvresse du gain l'envahir. Cette une musique très prenante, on sent que nous sommes face à un monument de la musique contemporaine (et du cinéma). On y retrouve des choeurs masculins et feminins, typiquement "Morriconiens", ainsi que des cordes et des cuivres pour finir, ce qui donne encore plus d'âme à cette composition. Metallica reprendra d'ailleurs cette composition à l'ouverture de tous leurs concerts. Quand la technique le permet, le groupe diffuse même la scène du film, qui est l'une des préférées de James Hetfield.

Je ne peux m'empêcher de mettre également en lien la musique de la scène suivante, où les trois protagonistes se livrent en duel pour savoir qui repartira avec le magot. En l'écoutant, on a l'impression d'être avec eux, sous un soleil écrasant, à s'observer sans un mot, dans ce cimetière aux tombes poussiereuses jamais fleuries. On ressent également la tension qui peut règner entre ces trois hommes qui s'apprêtent à mourir pour ce trésor. Une des plus belles scènes de Western jamais réalisée.

Video de la scene finale (sur la musique "El Trio")


dimanche 8 juillet 2007

Love - The Red Telephone (1967)


Groupe malheureusement méconnu mais ô combien resplendissant des années 60, Love est un groupe qui sévit à la fin des sixties sur la cote Californienne en compagnie des Doors, des Byrds ou encore des Grateful Dead. La formation est menée par l'étrange Arthur Lee, un noir chantant des chansons de blancs dans un groupe multi-culturel (ce qui était assez anecdotique à l'époque). Groupe sur-endetté, les membres de Love se défoncent sans arrêt aux drogues dures, perclus dans un manoir d'Hollywood, au moment où sort ce disque. En fait, le nom "Love" ne correspond pas vraiment à la musique jouée par les américains. Dépressif, pessimiste à souhait et paranoïaque, Arthur Lee est convaincu que son pays pars à la dérive. (La guerre froide, le Viet-Nam...) On raconte qu'il était même convaincu de mourir après la sortie de ce disque, chantant là ses dernières paroles. Il en résulte donc des chansons aux textes très critiques et très sombres. "The Red Telephone", ouvertement politique, fait référence à l'Union Soviétique et la guerre froide. Le téléphone rouge désigne la ligne directe qui liait la maison blanche au Kremlin en 1963 après la crises des missiles de Cuba. La troisième guerre mondiale avait étée évitée de justesse à cette époque. Sa couleur rouge symbolisait qu'il s'agissait d'une ligne d'urgence. Coté musique, c'est une chanson intemporelle, liant guitare folk et chant envoutant... Grand fan du groupe, Jim Morisson (et bien d'autres après lui) déclarera être ouvertement inspiré de Love dans ses compositions. Arthur Lee lui renverra l'ascenseur puisque c'est lui qui fera pression sur le président d'Elektra, Jac Holzman, pour qu'il signe ce jeune groupe encore méconnu : Les Doors.
PS : Je n'ai malheureusement pas trouvé la chanson The Red Telepone en écoute sur le net. J'ai néanmoins déniché un petit montage d'un fan avec un extrait de la chanson. Si quelqu'un a une idée, qu'il me laisse un petit commentaire... A suivre bientot, deux autres grands classique de Love : "A House is Not A Motel" et "Alone Again Or"

vendredi 6 juillet 2007

Jefferson Airplane - White Rabbit (1967)


Sortit sur l'album Surrealistic Pillow en 1967, "White Rabbit" est devenu avec les années la chanson porte-étendard de la drogue et des hallucinogènes. Cela n'est guère étonnant car nous sommes en plein mouvement hippie au moment de l'écriture de ce morceau, et le LSD se consomme aussi fréquement et aisément que le petit lait frais du matin. La force de "White Rabbit" réside dans son chant. D'une voix forte et orgasmique, Grace Slick nous emmène par la main dans le pays du lapin blanc. Car tout le monde l'a bien compris, cette chanson puise son inspiration dans le conte de Lewis Caroll : "Alice au pays des merveilles". Une chanson terriblement envoutante avec des paroles ambigues. Grace Slick déclarera plus tard : "Cette chanson est une pique lancée aux parents qui lisent Alice au pays des merveilles à leurs enfants. Alice doit prendre un tas de champignons et de substances pour se transformer. Et après, ils s'étonnent que leurs momes s'essayent aux drogues...". "White Rabbit" sera reprise de nombreuses fois dans divers films complètement dingues comme Las Vegas Parano sortit en 1998 ou encore Platoon sortit en 1986. Ce morceau n'a pas pris une ride en 40 ans...

Jefferson Airplane "White Rabbit" sur RadioBlog

lundi 25 juin 2007

The Doors - The End (1967)


Si il n’y avait qu’un seul morceau à retenir de l’œuvre des Doors, ce serait sans hésitation celui-ci. Dernière plage de leur premier (et sublime) album, « The End » est devenu avec les années un classique des classiques dans la musique psychédélique. Jim Morrison narre ici un récit épique où le sexe et la mort sont omniprésents. Une ambiance noire, obscure, dérangeante. Une chanson-cérémonie où le nom du groupe The Doors (les portes de la perception) prend tout son sens. 11 minutes à écouter les yeux clos, un petit pétard à la main, quelques bougies, et le trip est garantit. Le passage le plus connu du morceau reste évidemment le moment « oedipien » où Jim Morrison annonce vouloir tuer son père et coucher avec sa mère. Les membres survivants des Doors se refuseront par la suite de jouer cette chanson sur scène, considérant « The End » comme « la » chanson de leur défunt chanteur. A elle seule, elle représente parfaitement l’esprit torturé qu’était Jim Morrison. 40 ans après sa parution, The End reste encore et toujours, un pilier fondamental du rock, indispensable à tout amateur qui se respecte.