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vendredi 2 novembre 2007

The Doors - Riders On The Storm (1971)


Le chant du cygne pour Jim Morrison et les Doors. Cloturant le sublime (et là, je pèse mes mots) album "L.A. Woman", "Riders On The Storms" est une chanson grise, étrange, se déroulant sous la pluie avec un air bluesy. Plantons le décor. Nous sommes en 1971, Jim Morrison n'a plus rien à voir avec le beau Dyonysos sexy qu'il était quatre ans auparavant. A présent, Jim est barbu, est gras du bide, à la voix rauque et est devenu un alcoolique de compet'. C'est un homme fatigué, usé, déprimé. Fatigué par la vie infernale qu'il mène entre les tribunaux, les bars miteux, la scène, la pression des fans et de la maison de disques. Je trouve qu'on le ressent aisément en écoutant ce disque où Jim chante enfin ce qu'il aime : le blues. Les Doors honorent ici leur dernier disque sous contrat avec Elektra, qui après deux disques moyens, le comportement blasé et imprévisible de Jim, est soulagé d'arriver en bout de piste avec le quatuor. Et pourtant, L.A. Woman, quasi auto-produit par un groupe sur une pente glissante, sera un succès colossal. Devenu avec les années un classic-album chez tous les amateurs de rock. Malheureusement, Jim ne chantera jamais ces compositions sur scène car il mourra quelques mois après la sortie du disque, quelque part dans un appartement Parisien... Riders On The Storm sera le nom de scène que choisira Ray Manzarek et Robbie Krieger quand ils reformeront les Doors ... 30 ans plus tard.

Regardez Riders On The Storm ici

samedi 27 octobre 2007

The Who - Baba O'Riley (1971)


Hé mais c'est la chanson des experts Manhatan ! Tout à fait. Mais savez-vous d'ou provient cette chanson ? Je savais que vous étiez incollables. C'est marqué en grand dans le titre de cette chronique. Baba O'Riley est la plage d'ouverture de l'album "Who's Next", sortit en 1971 par les anglais des Who. Enregistrée à Londres la même année, cette chanson, écrite par le guitariste Pete Townshend, fût au départ prévu pour son projet solo : un opéra rock qui devait suivre la sortie de Tommy, leur précédent disque. Le nom de la chanson "Baba O'Riley" est un hommage au guru indien Meher Baba et Terry Riley, un compositeur américain très apprécié par Pete. La structure du morceau est assez éclectique : elle débute sur une plage de synthétiseur pour ensuite être appuyée par trois notes de piano. Elle lie ensuite une guitare bien rock, le chant de Roger, un solo guitare pour finir sur une envolée de violon. Personnellement, je trouve cette intro d'album grandiose. La partie synthé est tellement complexe que lors de son interprétation sur scène, le groupe optera pour une bande pré-enregistrée. Il faut dire la piste du synthé est quasi omniprésente tout le long du boquet. C'est également l'une des première fois que l'on entend un groupe de rock inclure un instrument électronique dans ses compositions. "Baba O'Riley" a encore aujourd'hui une énorme influence sur la culture musicale. Le groupe Pearl Jam, dont Eddy Wedder est un grand fan des Who, reprends tous les soirs "Baba O'Riley" pour cloturer ses shows. Le trio Nirvana fera de même lors de sa carrière ainsi que U2, Queen Of The Stone Age, Grateful Dead, Mr Big et j'en passe… Il est amusant de savoir que la phrase "Baba O'Riley" n'est jamais prononcée dans le texte. C'est ainsi qu'au début de sa diffusion sur les radios, bon nombre de personnes ont pensé que cette chanson se nommait "Teenage Wasteland" qui est chanté dans le refrain. Comme cité au début de cette chronique, la chanson fût reprise dans le générique de la série des Experts Manhatan, mais aussi pour la bande annonce du film American Beauty avec Kevin Spacey sortit en 2000.



Regardez Baba O'Riley ici (live, mais 30 ans plus tard)

dimanche 21 octobre 2007

Yes - I've Seen All Good People (1971)


Bien que la plupart des humains connaissent Yes via leur tube pop "Owner Of A Lonely Heart", sortit en 1983, la formation anglaise est surtout célèbre pour être un pillier fondamental du rock progressif. Remontons en 1971. Après avoir sortit deux albums dans l'indifférence générale, Yes abbat sa dernière carte en sortant son troisième effort discographique, "The Yes Album". Ce disque marque un changement dans la musique du groupe. En effet, c'est avec cette galette que Stewe Howe, jeune guitariste prodige, vient s'incruster dans la formation, pousse Peter Banks vers la sortie et donne un sérieux coup de barre au navire. (Si vous avez l'occasion, écoutez "Clap", la deuxième piste, c'est simplement un solo de Steve Howe et franchement, c'est à tomber par terre) La musique devient plus complexe, plus recherchée, plus compliquée et plus longue. Dorénavant, Yes jouera du progressif ! "I've Seen All Good People" est le premier 45 tours issu de cet album, c'est également l'une des chansons les plus connues mais aussi l'une des plus accessible. Car pour écouter du Yes, il faut s'accrocher à ses espadrilles ! Il faut déjà avoir une oreille bien entrainée pour se lancer dans ce genre d'aventure. Démarrant sur un superbe chant en choeur à capella avant de lier guitare acoustique, flute et orgue, "I've Seen All Good People" est un monologue qui compare la vie à un jeu d'échecs. D'après les membres du groupe, c'est également une oeuvre contre la guerre au Vietnam, qui faisait rage à l'époque. Plus récemment, cette chanson fût reprise dans le film de Tim Burton, "Big Fish", sortit en 2003. Le petit détail superflu pour finir : votre oeil acéré aura sans doute remarqué qu'un des membres du groupe à un pied plâtré sur la pochette du disque. Il s'agit du claviériste, Tony Kaye, qui s'était planté en voiture quelques jours avant la session photo.


vendredi 19 octobre 2007

Eric Clapton - Layla (1970)

Quelle histoire que celle de ce boquet ! "Layla" est incontestablement la chanson la plus connue du répertoire de Clapton. En 1966, George Harrison (le guitariste des Beatles) épouse Pattie Boyd, une jeune mannequin anglaise agée de 22 ans. Clapton, ami de George, contribue au morceau "While My Guitar Gently Weeps" des Beatles tandis que George viendra gratter un peu sur "Badge" du groupe Cream, ou officiait Clapton. A cette époque, on ne peut pas dire que notre ami Eric était au top de sa forme. En plus d'avoir des soucis dans son groupe Cream, notre guitariste était assez accro à l'héroine. Cerise sur le gateau, c'est à cette époque qu'il tombe éperdument amoureux de Pattie, la femme de son ami ! Inspiré d'un conte persan, "Layla" est en fait une déclaration d'amour bien cachée qu'a écrite Eric pour la belle Pattie. Pour la petite histoire, il finira par la lui piquer. En effet, Pattie divorce en 1977 et se remarie en 1979 avec Clapton. "Mais il lui a au moins cassé la gueule, le George ??" me direz-vous ? Que neni ! Que du contraire même ! Harrison ne fût point offusqué de cette union et fût même invité au (re)mariage de son ex-femme. Moi je me dis qu'il y a quand même eu des choses pas très catholique dans le dos du pauvre George qui apparemment, s'en foutait complètement. Heu bon Sato, si tu cessait de faire ton "Paris Match" et si tu nous parlais un peu du boquet proprement dit ?? "Layla" fût enregistrée pour la première avec le groupe Derek & The Dominos. C'est au départ une chanson assez longue, électrique et très énergique. A sa sortie en 45 tours en 1971, elle fût écourtée à 3 minutes. Elle fût ensuite ré-enregistrée à plusieurs reprises : en 1972 pour le best-of de Clapton, en 1982 en simple single, et enfin en 1992 pour l'émission "Mtv Unplugged" où toute une jeune génération la découvre. Cette dernière version acoustique reste assez mémorable puisqu'elle a obtenu la même année un Grammy Award, devant "Smell Like Teen Spirits" de Nirvana s'il-vous-plait ! Totalement épurée, on ressent encore mieux le sentiment que Clapton a voulu faire passer dans sa mélodie. Mais laissons le guitariste aux doigts d'or cloturer cette chronique sur une citation que j'ai repris ici : "Layla est une chanson difficile à jouer (dans sa version originale), je dois être accompagné de tout un orchestre sur je veux vraiment avoir tous les ingrédients pour la jouer live ! J'en suis très fier et j'aime beaucoups l'écouter. Par moments, j'ai l'impression que c'est la chanson d'un autre homme, d'un autre groupe. Je ne suis plus moi-même, c'est une autre personne qui écoute. C'est l'une des rares chansons qui me fait cet effet."



Regardez Layla ici (version acoustique)

mercredi 10 octobre 2007

Black Sabbath - Paranoid (1970)


Essayez d'oublier le Ozzy Osbourne qui déambulait en pantoufles tel un caniche anesthésié sur Mtv avec ses mioches merdeux et sa femme vampire, essayez franchement. Même si c'est très dur. Les critiques musicales, les observateurs et les mélomanes que je suis seront tous unanimes : Ozzy Osbourne, qu'on le déteste ou non, a fait partie d'un des plus grands groupes de metal de la planète : Black Sabbath. Formé en 1968, le groupe attire les spots et les yeux du monde avec ce deuxième disque, "Paranoid". Aujourd'hui considéré comme leur meilleure vente et leur meilleur album, "Paranoid" est devenu un classique des classiques chez tous les petits métalleux de tous poils de la planète. Plage titulaire du même nom, la chanson était à l'origine basée sur un solo du guitariste Tony Iommi et durait plus de 15 minutes. La maison de disque ayant revu les minutes à la baisse (moins de 3 minutes), "Paranoid" sort en 45 tours 17 juillet 1970, soit deux mois avant la sortie de l'album. Avec les années, "Paranoid" est devenue la chanson de référence de Black Sabbath, bien qu'elle ne représente pas trop à leur style (courte et simple). Beaucoups de groupes de metal des années 80 et 90 se disent très inspirés de cette chanson. Hommages et reprises sont légion. Les plus connues sont celles de Pantera, Megadeth, Metallica, Queen Of The Stone Age et Type O Negative qui n'ont jamais caché leur admiration pour les anglais. Ozzy lui même continuera à interpreter ce boquet sur scène lors de sa carrière solo. "Paranoid" fût classée numéro 1 des 500 meilleures chansons de métal de tous les temps par un vote de 18.000 personnes il y a quelques années. Il est amusant de savoir que l'album devait s'appeller "War Pigs" (la guerre des cochons). Mais la maison de disque, encore elle, craignant le retour de flamme des partisans à la guerre au Vietnam, demanda au groupe de changer le titre. Le groupe opta pour "Paranoid" se moquant indirectement de leur employeur en les traitant de paranoïaques. "War Pigs" n'est donc pas le titre de la gallette, mais la chanson qui l'ouvre. Egalement un énorme classique de la formation de Birmingham, elle sera chroniquée un jour, promis.


jeudi 4 octobre 2007

The Rolling Stones - Sympathy For The Devil (1968)


"Please allow me to introduce myself, I'm a man of wealth and taste. Ive been around for a long, long year. Stole many a mans soul and faith" "Permettez moi de me présenter, je suis un homme de richesse et de gout. Je suis dans le coin depuis de nombreuses années, à voler l'âme et la foi des hommes." Les paroles d'ouverture de "Sympathy For The Devil" rentrent de suite dans le sujet, nous allons avoir une petite conversation avec le diable, incarné ici par Mick Jagger. (il chante à la première personne) Ecrite en grande partie par le chanteur anglais, elle fût completée par son faux frère-jumeau Keith Richards qui y ajouta les percussions tam-tam, les choeurs ("hou ! hou !") et bien évidemment, le solo de guitare. Sur toutes les chansons un peu "satanistes" du groupe, je pense que celle-ci n'y va pas par quatre chemins. "I was round when Jesus Christ had his moment of doubt and pain. Made damn sure that Pilate washed his hands and sealed his fate." "J'étais là quand Jesus Christ a eu ses moments de douleur et de doute. A m'assurer que Pilate s'en lave les mains et accomplisse son destin." Dans le genre provocateur (surtout pour l'année 1968), c'est pas mal du tout. Mick Jagger n'est pas en reste puisqu'il évoque également les meurtres de John F. Kennedy et des Tsars Russes d'avant la révolution. Interrogé sur l'inspiration de ce boquet, Mick répondit au journaliste : "Je pense que cela vient de l'un de mes vieux bouquins sur Baudelaire. Je peux me tromper, mais je suis sur que cela vient de la littérature française. J'avais lu un paragraphe et je l'ai développé pour écrire cette chanson." Ce n'est pas la première fois que les Stones choquent le peuple avec des paroles aussi directes. Le groupe avait déjà été vertement critiqué l'année précédente pour son morceau "Let's spend the night together" et sa connotation clairement sexuelle. D'après les membres du groupe, le "mal" cité dans la chanson n'est pas Satan lui-même, mais bien l'homme tout court, qui a commit tant d'atrocités envers ses frères au cours de l'histoire. (guerre de religion, assassinats ou guerre tout court) "I watched with glee while your Kings and Queens fought for ten decades for the Gods they made." "J'ai regardé avec allégresse vos rois et vos reines se battre pendant des décénies pour des dieux qu'ils se sont inventés." Bref, si on gratte un peu, on découvre que "Sympathy For The Devil" est une critique envers les crimes humains. Mais cela n'empêchera pas l'opinion publique de traiter les Stones de satanistes. Jagger s'est expliqué quelques années plus tard à ce sujet : "Je ne comprends pas cette accusation. Il ne s'agit que d'une chanson après tout. Ce n'est pas comme si nous avions sortit un disque avec plein de signes occultes et sataniques. Les gens prennent tout au pied de la lettre. Pourtant, quand je vois certains groupes de métal aujourd'hui..." La chanson fût enregistrée en deux jours aux studios Olympic Sound de Londres. Les choeurs que nous entendons sont ceux de Marianne Faithfull, Anita Palenberg (respectivement les petites amies de Jagger et Richard), Bill Wyman (le bassiste) et bien évidemment, Mick et Keith. Bien entendu, cette chanson fût énormément reprises par de nombreux groupes. La plus célèbre est sans doute celle des Guns'n'Roses qui l'a reprise pour le film "Entretient avec un vampire" en 1994 avec Tom Cruise, Brad Pitt et Christian Slater. Un petit mot sur l'album pour finir, la pochette de "Beggars Banquet" qui représente des toilettes pas très accueillantes avec des graffitis, fût censurée à l'époque par la maison de disque Decca. Il a fallu attendre la ré-édition pour retrouver la pochette originale. C'est également le dernier disque où apparaît Brian Jones, qui mourra l'année suivante. Un grand classique des Stones.


Regardez Sympathy For The Devil ici


Regardez Sympathy For The Devil ici (version Guns'n'Roses)

mardi 25 septembre 2007

Free - All Right Now (1970)

Formé autour de Paul Rodgers, Paul Kossoff, Andy Fraser et Simon Kirke, "Free" fût considéré au début des seventies comme un groupe culte aux cotés de formations comme Led Zeppelin ou encore Cream. Et pourquoi une telle reconaissance ? Tout simplement parce que le groupe charme le grand public avec son single le plus célèbre : "All Right Now". Les quatres musiciens devront cependant attendre la sortie de leur troisième disque "Fire and Water" pour atteindre le sommet. Se hissant à la seconde place chez les rosbifs et à la 17ème chez les burgers, "Fire And Water" ne doit son succès que grâce à la chanson présentée aujourd'hui. Cela leur ouvrira l'accès au festival de l'île de Wight qui eu lieu entre le 26 et le 31 aout 1970. 600.000 personnes verront Free defendre leur disque, ce qui est une publicité énorme pour l'époque ! (pas d'internet, de myspace ou de clip vidéo, ne l'oublions pas) En plus de faire face à une foule immense, les anglais croiseront Jimi Hendrix, les Who, les Doors, Bob Dylan et j'en passe. Bref, ce fût une opportunité que tout groupe rêverait d'obtenir. Depuis cette fameuse date, le morceau a bien fait du chemin : en 1990, une étude très sérieuse avait démontré que "All Right Now" fût jouée au moins une fois tous les jours dans le monde depuis sa sortie. Une autre étude affirmait que le boquet était passé plus de deux millions de fois à la radio anglaise en 20 ans. Musicalement, c'est une chanson archi-simple mais très accrocheuse. Elle tourne sur trois accords et une petite ligne solo de basse. Comme vous vous en doutez, Free ne connaîtra jamais un deuxième succès comme celui-ci et à leur grand dam, le public les identifiera toujours à cette chanson. Le groupe se sépare 3 ans plus tard après des différents irrémédiables entre Rodgers et Kossoff. Paul Rodgers, qui chante aujourd'hui avec les membres survivants de Queen, interprete encore des chansons de son ancienne formation.

Regardez All Right Now ici (en live a l'Ile de Wight)



lundi 24 septembre 2007

Creedence Clearwater Revival - Fortunate Son (1969)


Enregistré en septembre 1969 et écrite par le guitariste-chanteur John Fogerty, "Fortunate son" est la première chanson de la face B du quatrième album du groupe : "Willy and The Poor Boys". Ecrite alors que son pays les Etats-Unis s'enlise au Vietnam, "Fortunate Son" que l'on peut traduire par "Fils Privilégié" ou "Fils Fortuné", dénonce certains jeunes hommes qui furent exempté du service militaire (et notamment de la guerre du Vietnam) grâce à leurs statut de fils d'hommes de pouvoir ou de célébrité. John raconta dans une interview qu'il fût inspiré par David Eisenhower, le petit-fils du président américain Dwight Eisenhower et également mari de la fille de Richard Nixon, alors président au moment de l'écriture du morceau. Pour la petite histoire, David fût bien convoqué (dans la navy) mais ne fut jamais envoyé au Vietnam. John pensait que ce traitement de faveur était du à sa famille célèbre et à ses liens avec Nixon. Comme tous les artistes de sa génération, les Creedence s'opposent à la guerre et à la conscription obligatoire pour tous les jeunes hommes. Très populaire à sa sortie, cette chanson était paraît-il, souvent diffusée au sein des divisions armées qui combattaient sur le front. Pour les attentifs, on la retrouve dans le film Forrest Gump avec Tom Hanks (sortit en 1994) dans la scène où Forrest arrive au Vietnam par hélicoptère. Cette chanson atteindra la 14ème place des charts américains et restera comme une des plus célèbres protest-song anti-vietnam. Elle fût reprise par de nombreux artistes engagé dans des causes humanitaires ou politiques comme U2, Bruce Springtseen, Pearl Jam, Jean Wyclef ou encore Bob Seger. Toujours d'actualité, John Fogerty chanta cette chanson en avertissement (et en rappel) devant le président Bill Clinton, le 31 décembre 1999, pour la fête du millénaire au mémorial Lincoln. (qui est le lieu ou Martin Luther King prononca son fameux discours "I have a dream")


dimanche 23 septembre 2007

Neil Young - The Needle And The Damage Done (1972)


Tiré du magnifique album Harvest sortit en 1972, The Needle and the damage done (en français "Les dégats causés par l'aiguille.") parle évidemment des effets néfastes de la drogue et en particulier de l'héroine. Il y a une histoire derrière cette chanson : durant sa tournée de 1972, Neil se voit obligé de congédier son guitariste et ami Danny Whitten, celui-ci étant constamment défoncé qu'il ne peut plus assurer sur scène. (et même dans la vie de tous les jours.) Alors que Danny se fait conduire à son avion, Neil lui glisse un billet de 50 dollars en poche en lui sommant de les dépenser dans une cure à son retour. Malheureusement, dès son retour à Los Angeles, le doux billet finira dans les mains d'un dealer, histoire de s'envoyer une dernière petite dose pour la route. Mais ce sera la route du paradis qu'empruntera Danny Whitten, car le soir même de son arrivée à L.A., il décède d'une overdose. Pauvre Neil, il devait quand même se sentir un peu mal après cela... Toujours est-il que le Canadien a de nombreuses fois ouvert ses concerts avec cette chanson, passant cet avertissement à son public. "I caught you knockin' at my cellar door. I love you, baby, can I have some more. Ooh, ooh, the damage done." ("Je t'ai surpris à frapper à ma porte de cellule. Je t'aime bébé, puis-je en avoir encore ? Oh les dégats (sont déjà) causés.") "I sing the song because I love the man. I know that some of you don't understand. Milk-blood to keep from running out. " ("Je chante cette chanson parce que j'aime l'homme. Je sais que certains d'entre vous ne comprennent pas. Le sang couleur lait, c'est fait pour t'empêcher de t'échapper.") Ce que Neil appelle ici le sang couleur-lait, c'est le mélange de la poudre d'héroine et du sang que le junkie doit faire pour faciliter l'injection dans ses veines. "Harvest" sera (et est toujours) l'album le plus célèbre de Neil Young. Même le maître Dylan en personne jalousera le succès de ce disque, qu'il considère comme étant l'album qu'il aurait dû sortir...

vendredi 24 août 2007

The Clash - London Calling (1979)


"London Calling" est et restera sans doute le titre le plus connu des Clash. Paru sur leur troisième album du même nom, "London Calling" lie plusieurs styles. On y retrouve du rock, mais aussi du punk et même un peu de ska. C'est une chanson très engagée politiquement, aux multiples clins d'oeil et parfois même provocante. Le titre "London Calling" fait référence aux messages radios lancés par la BBC lors de la seconde guerre mondiale. ("This is London calling..."). Les paroles "A nuclear error, but I have no fear", sont inspirées de la tragédie de Three Mile Island. Three Mile Island est une petite île américaine. Le 28 mars 1979 s'est produit un terrible accident nucléaire, il a été classé niveau 5 à l'échelle internationale des évenements nucléaires. (le plus haut étant 7) "All that phoney Beatlemania has bitten the dust". "Cette Beatlemania ringarde qui a mordu la poussière" démontre clairement les idées punk du groupe : on détruit les symboles du passé. Le punk est pourtant sur la pente descendante à cette période. Enfin, les paroles "The ice age is coming" ("La période glacière arrive") est une critique envers la politique Britannique de l'époque et en particulier Margaret Thatcher et son partit conservateur. La pochette représente Paul Simonon, le bassiste, pulvérisant sa basse sur la scène du Palladium de New-York, en 1979. D'après l'interessé, c'est l'unique fois où il cassa son instrument. Pour la petite histoire, cette basse est exposée au musée Rock & Roll Hall Of Fame de Cleveland, aux Etats-Unis. Cette photo est d'ailleurs considérée par de nombreux observateurs, comme le cliché le plus rock de tous les temps. La photographe en question, Pennie Smith, ne l'a jamais aimée, la trouvant mal cadrée et floue. Elle ne pouvait faire autrement car au moment des faits, elle reculait pour éviter de se prendre la basse de Paul dans la tronche. La police de caractères est quand à elle, un hommage évident au premier simple sortit par Elvis en 1954. (C'est la même police et la même disposition) Vous l'aurez compris, "London Calling" est un grand classique du rock.

dimanche 19 août 2007

The Who - My Generation (1965)


Ecrite par le guitariste Pete Townshend, "My Generation" est devenu en 40 ans, un vrai classique du rock, si pas de la musique contemporaine. Chanson phare des Who, "My Generation" est enregistré en octobre 1965 à Londres. Pete est alors agé de 20 ans et s'inquiète pour son avenir. Il en résulte des paroles qui vont rester dans analles de l'histoire : "I hope I die before I get old". "J'espère mourir avant de vieillir". Nous sommes en plein sixties, et ce genre de compo qui pointe le bout de sa guitare en choque plus d'un. Le morceau sera d'ailleurs un énorme succès puisqu'il s'installera en deuxième position des charts britannique. C'est l'un des premiers morceaux de rock à mettre la guitare basse en avant plan. John Entwistle, bassiste hors pair, nous joue un solo bien endiablé après le deuxième couplet. (et en live, c'est encore plus impressionant) Il est amusant de savoir que John brisa pas moins de 3 jeux de cordes de basses lors de l'enregistrement. Autre aspect étonnant, Roger Daltrey, le chanteur-musclor, begaye volontairement lors du couplet. D'après ce que j'ai pu lire, Roger voulait évoquer une drogue qui faisait begayer après consomation. Autant dire que ce morceau à eu un impact considérable sur un tas de musiciens. Des bassistes décident de mettre des solos, le son dur et violent de la batterie de Keith Moon inspirera plus d'un batteur et enfin, beaucoups de jeunes de cette génération se reconnaissent dans les paroles de Townshend. Bien entendu, le nombre de reprises de "My Generation" se compte par brouettes entières... (Oasis, Green Day ou encore Iron Maiden, pour ne citer qu'eux...)

Regardez My Generation ici (en live a Monterey. On y voit le groupe pulvériser leurs instruments à la fin du set)

Regardez My Generation ici (repris par Oasis)

Regardez My Generation ici (repris par Green Day)
Regardez un solo de John Entwistle à la basse ici (ou l'art de faire pâlir de jalousie les jeunes apprentis)

mardi 14 août 2007

Simon & Garfunkel - The Sound Of Silence (1964)


Qui ne connaît pas le plus célèbre duo des années 60, si pas des quarante dernières années ? Paul Frederic Simon et Arthur Ira Garfunkel, se rencontrent en 1953 à l'école primaire, alors qu'ils jouent dans une pièce de théatre. ("Alice au pays de merveilles" pour être précis) Il est amusant de savoir que le tout premier groupe de Simon et Garfunkel se nommait "Tom et Jerry". Sortit sur leur premier album "Wednesday Morning 3 a.m." en 1964, "The Sound Of Silence" connaît un succès tardif. Colossal, mais tardif. En effet, la composition folk mettra deux ans avant de perçer. Le 1er janvier 1966, elle devient numéro 1 aux Etats-Unis. Pendant ce temps-là, le duo se sera déjà séparé une fois. A leur grande et agréable surprise, les deux compères se réunissent à nouveau et enregistrent de nouveaux morceaux qui feront d'eux les stars que l'on connait aujourd'hui. "The Sound Of Silence" fût donc la mèche (un peu humide au début) qui mit le feu aux poudres. Elle fût écrite par Paul Simon peu après l'assasinat de John F. Kennedy, abattu à Dallas, le 22 novembre 1963. Paul a voulu capturer dans cette chanson l'émotion et le traumatisme subit par les américains lors de la perte de leur jeune et charismatique président. Elle sera classée en 156ème position des 500 plus belles chansons of all time par le célèbre magazine Rolling Stones. Aux USA, c'est la 18ème chanson la plus diffusée entre 1960 et 2000. Intégralement chantée à deux voix, c'est, à mon humble avis, l'une des plus belles chansons folk de tous les temps.

Regardez The Sound Of Silence ici (version originale - montage photo)

Regardez The Sound Of Silence ici (en live en 1981 à Central Park)


lundi 30 juillet 2007

Pink Floyd - Comfortably Numb (1979)


Sans doute une des plus belles chansons de leur répertoire, "Comfortably Numb" est issu du célèbre double album "The Wall" sortit en décembre 1979. Ecrite au départ par le guitariste David Gilmour, elle fût complétée par son frère-ennemi, le bassiste Roger Waters. Je dis "frère-ennemi" car il faut savoir qu'a cette époque, l'ambiance au sein du groupe n'est pas vraiment au zenith. Waters, homme prétentieux, tyrannique, hautain et à l'égo démesuré, dirige son groupe d'une poigne de fer. Il compose d'ailleurs la quasi totalité de l'album, laissant très peu d'espace artistique à ses collègues. (il fera d'ailleurs écrire son nom en lettre capitales et celle des autres en minuscule, c'est dire comme il était mégalo...) Il faut savoir que "The Wall" est un opéra rock. Il raconte l'histoire de Pink, jeune héro voulant devenir rock-star. Mais les malheurs de Pink s'accumulent (mort de son père, une mère possessive, échec de son mariage...) tel un mur de briques qui représente tous ses problèmes. Pink va s'enfermer dans ce mur jusqu'a la folie avant de le détruire. Tous les compositions de ce double album se suivent, excepté "Comfortably Numb". La chanson, que l'on peut traduire par "agréablement engourdit" raconte le moment où le héro Pink est sous emprise de la drogue avant de monter sur scène. La chanson évoque cet état d'intertie du héro. Le couplet (chanté par Waters) évoque les paroles rassurantes du médecin qui s'occupe de lui. Le refrain (chanté par Gilmour) illustre le monde étrange dans lequel le drogué se trouve. Personnellement, c'est une de mes chansons favorites du Floyd. Et puis surtout, comment ne pas évoquer le mythique solo de fin de ce morceau ! Très apprécié par les fans de Pink Floyd, mais aussi par beaucoups de guitaristes dans le monde, le solo de fin de David Gilmour à été classé quatrième meilleur solo de tous les temps par le célèbre magazine "Guitar World", c'est dire ! Sur l'album, la chanson se termine en fade out, laissant la partie instrumenté de Gilmour s'évaporer lentement. Frustré de devoir co-signer cette chanson avec son guitariste, Waters a mis en place ce fade, de peur de voir son "ami" en tirer une quelconque gloire. Toujours est-il qu'en concert, le guitariste s'en donne à coeur joie pour notre plus grand plaisir. Le solo du live ci dessous dure quatre minutes trente. Je vous laisse déguster et savourer ce grand classique de la musique...

Ecoutez Comfortably Numb ici (version originale)


Regardez Comfortably Numb ici (en live acoustique)

vendredi 27 juillet 2007

Blind Faith - Can't Find My Way Home (1969)


En novembre 1968, le super-groupe Cream se sépare. Eric Clapton se retrouve dans sa maison du Surrey, dans le sud de l'Angleterre, à jammer avec son copain Steve Windwood, fraichement issu de son groupe Traffic, également séparé. Alors que la carcasse de Cream est encore fumante, Clapton engage son ancien batteur Ginger Baker derrière les fûts, et Rick Grech à la basse. (Clapton ne voulant pas de son ancien bassiste, de peur que cela ne fasse un "Cream II") Après un concert gratuit à Hyde Park, a Londres, le public s'enlise pour ce nouveau super-groupe. Mais au cours de la tournée qui s'ensuivra, le public sifflera la formation, réclamant des morceaux de Cream et de Traffic. (que le groupe sera par moment forcé de jouer pour apaiser les esprits) Cela n'empêchera pas de voir l'unique album éponyme du quatuor atteindre la première place des charts. Mais les rumeurs persistantes de séparation, la pression énorme du public pour entendre Cream sur scène, aura raison de la patience des anglais. Blind Faith se sépare donc en 1969 après une toute petite année d'activité. Une vie bien éphemère... Comment ne pas évoquer Blind Faith sans parler de son intriguante pochette qui provoqué tant de polémiques à l'époque. Celle-ci représente une jeune fille de 14 ans nue, tenant dans ses mains un avion aux formes clairement phallique. Curieusement, cette photo n'a pas étée censurée en Europe. En revanche, nos potes américains si puritains, ont éxigés une pochette alternative pour le marché U.S. Ce fût fait avec une simple photo du groupe en noir et blanc. Il est amusant de savoir que les rumeurs les plus farfelues avaient circulés à son sujet : la fillette est en fait la fille cachée de Baker ou encore qu'il s'agissait d'une jeune groupie qui était soumise sexuellement par les membres du groupe. Autre information interessante, le nom du groupe ne figure pas sur la pochette, ce qui était assez surprenant pour l'époque. Toujours est-il que cet album est l'unique héritage qui nous est parvenu jusqu'a aujourd'hui, nous démontrant toute la puissance du rock des sixties.

Regardez Can't Find My Way Home ici (montage de photos de l'époque)

samedi 21 juillet 2007

Led Zeppelin - Since I've Been Loving You (1970)


Sans aucun doute le plus beau blues joué et écrit par des blancs, "Since I've Been Loving You" se trouve sur le troisième album du groupe, sobrement intitulé "Led Zeppelin III". Nous sommes au tout début des seventies. A cette époque, le "Zep" est déjà un dinosaure du rock qui écrase toute concurrence. Après deux albums éblouissants, des tournées où les excès et les écarts sont légion, (chambres d'hotel dévastées, drogues, groupies...), les quatres anglais se retirent au calme au Bron Y-Aur cottage au Pays de Galles, pour plancher sur leur nouveau disque. Et qui dit nouveau disque, dit nouveau style. Enfin, presque... C'est en effet sur cette nouvelle galette que Robert Plant et ses compagnons vont se laisser aller à leurs vraies racines : écrire des chansons folk et blues. Oh, il y a toujours un peu de cette rage qui a fait leur marque de fabrique, rassurez-vous. Je pense notament à "Immigrant Song" qui ouvre le disque. Mais la compo qui tient le haut du pavé, c'est sans conteste celle présentée aujourd'hui. Led Zeppelin ferme bons nombres de caquets avec ce blues en prouvant qu'ils peuvent écrire de magnifiques chansons et pas que du heavy-metal frénétique. Plant n'a jamais chanté aussi haut, Bonzo démontre qu'il sait faire autre chose de plus fin que de massacrer ses fûts, Jones est éblouissant à la basse, et le solo de Page reste légendaire. Pour moi, cette chanson mérite d'être aussi connue et célèbre que Stairway To Heaven. Evidemment, ce morceau et ce disque prendra beaucoups de personnes à rebrousse poil. Mais cela n'empêchera pas Led Zeppelin de rester tranquillement assis sur son trône, gardant sous sa botte les autres formations montantes. Si vous ne connaissez pas "Since I've Been Loving You", je vous conseille de l'écouter ne serait-ce qu'une fois. C'est un vrai classic-rock ! (ou plutôt classic-blues, c'est comme vous voulez...)

mercredi 18 juillet 2007

Jimi Hendrix - Rock Me Baby (1967)


Enregistré au festival de Monterey, le 18 juin 1967, "Rock Me Baby" n'a rien perdu de sa puissance. Le jeune Jimi, ici âgé d'a peine 24 ans, et pas encore mondialement connu, nous livre une prestation epoustouflante qu'il n'est même plus nécessaire de décrire. Présenté par Brian Jones en début de concert, Jimi fait là sa premiere grosse scène sur sa propre terre, les Etats-Unis. (Jimi vit et joue à Londres à cette époque) C'est d'ailleurs ce jour-là qu'a lieu une des images les plus marquantes de sa courte carrière : en fin de concert, Jimi immole par le feu sa Fender avant de la pulvériser au sol. Si vous observez la vidéo de ce live, Jimi donne l'impression de ne faire qu'un avec sa guitare. Il la regarde à peine, comme si ses mains sonnaient les cordes par instinct. De quoi faire pâlir de jalousie les plus grands guitaristes ou de décourager les néophytes... Interviewé quelques années plus tard, Pete Townshend, le guitariste des Who, raconte cette soirée où les anglais ont fait la première partie de l'américain. "Jimi et moi même avions eu des mots avant de monter sur scène car nous nous disputions quand à savoir lequel jouerait en premier." "Si je passe après toi, ca va faire très mal ! On cassera la baraque !" avait avertit Jimi à Pete. C'est finalement à pile ou face que les deux hommes vont décider du destin. Jimi perdra au tirage au sort et d'après les témoignages, il sautera frénétiquement sur sa chaise avant de la fracasser de rage. Toujours est-il que le petit génie de Seattle tiendra sa promese et livrera une prestation légendaire. Et en effet, à l'évocation de cette soirée, Pete regarde le journaliste et lui dit d'un air blasé : "Quand je l'ai vu jouer, je suis passé pour un petit gratouilleur du dimanche..."


mardi 10 juillet 2007

John Lennon - God (1970)


Entre John et Dieu, cela n'a pas toujours été la grande entente... Après avoir courroucé le monde catholique en déclarant que les "Beatles étaient plus célèbres que Jesus", lors d'une interview accordée en 1966, John égratigne à nouveau le saint père et ses copains avec la chanson "God", sortit sur son premier album post-beatles, intitulé "John Lennon/Plastic Ono Band". John nous livre beaucoups de moments forts sur ce disque. Il y parle d'amour ("Love"), de sa mère disparue ("Mother"), de la lutte des classes sociales ("Working Class Hero") et bien évidemment, de religion. ("God"). Pour la petite histoire, on retrouve un autre Beatles sur cet album puisque Ringo Starr joue la batterie. Dans cette composition, l'anglais déclare que Dieu n'est qu'un concept que l'homme s'est crée pour surmonter ses souffrances. Ceci dit, il n'est pas le premier à penser cela, mais il est l'un des premiers à le coucher sur disque. Il déclare d'ailleurs ne croire en rien. Ni en Dieu, Ni en Jesus, Ni à Bouddha, Ni à Elvis, Ni aux rois, Ni aux Kennedy, Ni à Hitler, Ni aux Beatles (ou il insiste bien dessus, ben tiens !). Il croit juste en lui ... Yoko et lui. Sa façon de penser ouvertement à un monde sans guerre et sans religion, en choquait plus d'un à l'époque. Il n'y avait pourtant rien d'agressif là dedans... C'est sans doute ce qui lui a valu cette si grande popularité. Espérons quand même que Dieu lui a laissé une petite place au paradis...



dimanche 8 juillet 2007

Love - The Red Telephone (1967)


Groupe malheureusement méconnu mais ô combien resplendissant des années 60, Love est un groupe qui sévit à la fin des sixties sur la cote Californienne en compagnie des Doors, des Byrds ou encore des Grateful Dead. La formation est menée par l'étrange Arthur Lee, un noir chantant des chansons de blancs dans un groupe multi-culturel (ce qui était assez anecdotique à l'époque). Groupe sur-endetté, les membres de Love se défoncent sans arrêt aux drogues dures, perclus dans un manoir d'Hollywood, au moment où sort ce disque. En fait, le nom "Love" ne correspond pas vraiment à la musique jouée par les américains. Dépressif, pessimiste à souhait et paranoïaque, Arthur Lee est convaincu que son pays pars à la dérive. (La guerre froide, le Viet-Nam...) On raconte qu'il était même convaincu de mourir après la sortie de ce disque, chantant là ses dernières paroles. Il en résulte donc des chansons aux textes très critiques et très sombres. "The Red Telephone", ouvertement politique, fait référence à l'Union Soviétique et la guerre froide. Le téléphone rouge désigne la ligne directe qui liait la maison blanche au Kremlin en 1963 après la crises des missiles de Cuba. La troisième guerre mondiale avait étée évitée de justesse à cette époque. Sa couleur rouge symbolisait qu'il s'agissait d'une ligne d'urgence. Coté musique, c'est une chanson intemporelle, liant guitare folk et chant envoutant... Grand fan du groupe, Jim Morisson (et bien d'autres après lui) déclarera être ouvertement inspiré de Love dans ses compositions. Arthur Lee lui renverra l'ascenseur puisque c'est lui qui fera pression sur le président d'Elektra, Jac Holzman, pour qu'il signe ce jeune groupe encore méconnu : Les Doors.
PS : Je n'ai malheureusement pas trouvé la chanson The Red Telepone en écoute sur le net. J'ai néanmoins déniché un petit montage d'un fan avec un extrait de la chanson. Si quelqu'un a une idée, qu'il me laisse un petit commentaire... A suivre bientot, deux autres grands classique de Love : "A House is Not A Motel" et "Alone Again Or"

vendredi 6 juillet 2007

Jefferson Airplane - White Rabbit (1967)


Sortit sur l'album Surrealistic Pillow en 1967, "White Rabbit" est devenu avec les années la chanson porte-étendard de la drogue et des hallucinogènes. Cela n'est guère étonnant car nous sommes en plein mouvement hippie au moment de l'écriture de ce morceau, et le LSD se consomme aussi fréquement et aisément que le petit lait frais du matin. La force de "White Rabbit" réside dans son chant. D'une voix forte et orgasmique, Grace Slick nous emmène par la main dans le pays du lapin blanc. Car tout le monde l'a bien compris, cette chanson puise son inspiration dans le conte de Lewis Caroll : "Alice au pays des merveilles". Une chanson terriblement envoutante avec des paroles ambigues. Grace Slick déclarera plus tard : "Cette chanson est une pique lancée aux parents qui lisent Alice au pays des merveilles à leurs enfants. Alice doit prendre un tas de champignons et de substances pour se transformer. Et après, ils s'étonnent que leurs momes s'essayent aux drogues...". "White Rabbit" sera reprise de nombreuses fois dans divers films complètement dingues comme Las Vegas Parano sortit en 1998 ou encore Platoon sortit en 1986. Ce morceau n'a pas pris une ride en 40 ans...

Jefferson Airplane "White Rabbit" sur RadioBlog

mercredi 4 juillet 2007

Deep Purple - Lazy (1972)


Je ne vais m'éterniser sur "Smoke on the water", la chanson archi-connue que tous les néo-guitaristes de l'univers ont essayé de jouer au moins une fois dans leur vie. Non, je préfère passer sur un autre grand classique du groupe anglais, "Lazy" et son solo clavier d'enfer. Ben oui, on parle toujours de solo de guitare, de basse ou encore de batterie. Mais des chansons avec des solos de clavier célèbres, vous en connaissez beaucoups ? Enfin, je ne devrais pas dire clavier, mais orgue électrique. Et plus précisément, l'Orgue Hammond B-53 sur lequel Jon Lord, l'organiste, joue. L'Orgue Hammond était un instrument assez particulier et très en vogue dans les années 60-70. Pouvant peser jusqu'a 200 kilos, le son Hammond était très prisé par diverses formations célèbres comme les Doors, Genesis ou encore Pink Floyd. Encore aujourd'hui, beaucoups de claviéristes utilisent des simulation Hammond leurs jeux. "Lazy" est parfaite pour écouter Jon Lord et ce son si particulier. Les quatres premières minutes de l'intro sont un pur bonheur instrumental où l'anglais y développe toute sa compétence. (une belle longue montée de clavier) Il est amusant de savoir que cette chanson fût composée en une nuit par Ritchie Blackmore, le guitariste du groupe, qui répondait de cette manière à ses collègues qui le traitaient de fainéant. "Lazy" se trouve sur le plus célèbre album du Pourpre, à savoir "Machine Head", enregistré dans les couloirs d'un hotel miteux en Suisse. C'est une chanson qui revient quasi toujours dans les greatest hits et les best-of du groupe.