samedi 27 octobre 2007

The Who - Baba O'Riley (1971)


Hé mais c'est la chanson des experts Manhatan ! Tout à fait. Mais savez-vous d'ou provient cette chanson ? Je savais que vous étiez incollables. C'est marqué en grand dans le titre de cette chronique. Baba O'Riley est la plage d'ouverture de l'album "Who's Next", sortit en 1971 par les anglais des Who. Enregistrée à Londres la même année, cette chanson, écrite par le guitariste Pete Townshend, fût au départ prévu pour son projet solo : un opéra rock qui devait suivre la sortie de Tommy, leur précédent disque. Le nom de la chanson "Baba O'Riley" est un hommage au guru indien Meher Baba et Terry Riley, un compositeur américain très apprécié par Pete. La structure du morceau est assez éclectique : elle débute sur une plage de synthétiseur pour ensuite être appuyée par trois notes de piano. Elle lie ensuite une guitare bien rock, le chant de Roger, un solo guitare pour finir sur une envolée de violon. Personnellement, je trouve cette intro d'album grandiose. La partie synthé est tellement complexe que lors de son interprétation sur scène, le groupe optera pour une bande pré-enregistrée. Il faut dire la piste du synthé est quasi omniprésente tout le long du boquet. C'est également l'une des première fois que l'on entend un groupe de rock inclure un instrument électronique dans ses compositions. "Baba O'Riley" a encore aujourd'hui une énorme influence sur la culture musicale. Le groupe Pearl Jam, dont Eddy Wedder est un grand fan des Who, reprends tous les soirs "Baba O'Riley" pour cloturer ses shows. Le trio Nirvana fera de même lors de sa carrière ainsi que U2, Queen Of The Stone Age, Grateful Dead, Mr Big et j'en passe… Il est amusant de savoir que la phrase "Baba O'Riley" n'est jamais prononcée dans le texte. C'est ainsi qu'au début de sa diffusion sur les radios, bon nombre de personnes ont pensé que cette chanson se nommait "Teenage Wasteland" qui est chanté dans le refrain. Comme cité au début de cette chronique, la chanson fût reprise dans le générique de la série des Experts Manhatan, mais aussi pour la bande annonce du film American Beauty avec Kevin Spacey sortit en 2000.



Regardez Baba O'Riley ici (live, mais 30 ans plus tard)

jeudi 25 octobre 2007

The Cure - Just Like Heaven (1987)


Neuvième piste de l'album "Kiss Me Kiss Me Kiss Me", "Just Like Heaven" était au départ une chanson instrumentale. Elle fût composée par Robert Smith pour servir de générique à l'émission française "Les enfants du rock" qui passait sur France 2. On y retrouvait Philippe Manoeuvre (aujourd'hui le rédacteur en chef du magazine Rock'n'Folk), Antoine De Caunes ou encore un certain Alain Chabat. Smith, qui avait été contacté par l'équipe de télévision française, leur envoya ce morceau alors en pleine écriture : "C'était et c'est encore aujourd'hui mon morceau préféré de notre répertoire. En leur donnant la chanson insrtumentée, j'allais la mettre dans la tête de millions de personnes avant même qu'elle ne sorte sur notre disque en version définitive. Pas mal comme coup de marketing non ?" Coté inspiration, Robert a écrit ce boquet en souvenir d'une journée passée avec sa petite amie (et future femme) Mary Pool au bord de la mer, à Beachy Head, quelque part dans le sud de l'Angleterre. C'est également ce qui l'inspira lors de la réalisation de la vidéo. Robert a tout simplement décidé de coucher sur pellicule cette journée passée dans la ville cotière. On y retrouve la Mary Poole en question, jouant le rôle d'une femme dansant avec Robert. "Mary fait une apparition dans le clip car c'est d'elle que je parle dans la chanson. Il est normal qu'on la retrouve sur le film." Petite anecdote, Robert a toujours déclaré que le clip fût tourné sur les lieux même de cette ballade en amoureux avant d'avouer quelques années plus tard qu'elle fût enregistrée dans un studio. "Just Like Heaven" est assez rythmée, le clavier est mis très avant ainsi que la basse, signature évidente des Cures. Elle fût d'ailleurs le premier single du groupe à atteindre la première place des charts américains.


Regardez Just Like Heaven ici

mercredi 24 octobre 2007

Chemicals Brothers (the) - Hey Boy Hey Girl (1999)


Bon, je ne suis pas un très grand fan des frères chimiques, ormis leurs boquets les plus célèbres. Et parmis ceux-ci, j'en retiens deux qui me plaisent particulièrement : "Let Forever Be" et "Hey Boy Hey Girl", présenté aujourd'hui. Présent sur leur troisième album, "Surrender", où les deux artistes y invitent pas mal de célèbrités (dont Noel Gallagher du groupe Oasis), "Hey Boy Hey Girl" passa en boucle sur les chaines musicale en cette belle année 1999. Qui ne se souvient pas de ce clip extraordinaire où l'on voit une petite fille atteinte de capacités visuelle plutot étonnantes : elle voit les squelettes des gens qu'elle croise. Comme la pluparts des morceaux des Chemicals Brothers, il s'agit d'un mix d'un vieux morceau remanié par le duo. Ici il s'agit d'un sample de la chanson "The Roof Is On Fire" du groupe de rap Rock Master Scott & The Dynamic Three. Vous voyez, la chanson des années 80 où le refrain fait : "The roof ! The roof ! The roof is on fire !" ? Ben c'est ca. Coté paroles, c'est pas bien compliqué, la phrase "Hey Boy ! Hey Girl ! Superstar DJ ! Here we go !" est répétée tout le long. (comme quoi cela à l'air idiot de faire de l'électro. C'est peut-être pour cela que je n'ai jamais accroché à ce style de musique...) Mais qu'a cela ne tienne, ce boquet est tout simplement phénoménal et très entrainant.

lundi 22 octobre 2007

John Lennon - Instant Karma ! (1970)


Troisième single de John Lennon, on peut dire que Instant Karma est une "chanson-express". Je m'explique : elle fût écrite et enregistrée aux studios Abbey Road le même jour (le 27 janvier 1970), puis sortie 10 jours plus tard (le 10 février). Nous sommes au début de l'année 1970 et les Beatles arrivent en bout de piste. Paul et John en particulier, ne s'entendent absolument plus. Alors que les dernières sessions des Fab Fours sont en boite pour leur dernier disque "Let It Be", John enregistre "Instant Karma" avec George Harrison qui tient la guitare. John est quand à lui au piano, Alan White à la batterie (futur batteur du groupe Yes), Klaus Voormann à la basse et Yoko Ono aux choeurs. Klaus Voormann, vieil ami des Beatles, deviendra par la suite le bassiste attitré de John Lennon, mais collaborera également avec Ringo, George et Paul dans leurs carrières solos respectives. Lors de sa sortie sous le label Apple (le label des Beatles), le single était frappé de la phrase "Play it loud !" ("jouez fort !") tandis que la face B était marquée de la mention "Play soft" ("jouez doucement") Personnellement, c'est l'une de mes chansons préférée du chanteur à lunettes. (avec "Jealous Guy") Très belle, elle porte véritable espoir et optimisme à ceux qui l'écoutent. Le véritable titre de la chanson est "Instant Karma ! We All Shine On", ce qu'on peut traduire par 'nous brillerons tous'. Ce titre inspirera Stephen King pour son roman "Shining", le maître de l'horreur ayant bien évidemment tourné la chose dans l'autre sens... Récemment, "Instant Karma" fût magnifiquement repris par U2 pour la compilation d'Amnesty International sortie en vue d'aider la population du Darfour. Ce n'est pas la première fois qu'Amnesty International utilise cette chanson pour des campagnes humanitaires : Duran Duran a également enregistré sa version l'année passée. (et même les horribles Tokio Hotel, ben oui, que voulez-vous...) Avec les boquets "Imagine" et "Give Peace A Chance", "Instant Karma" est la troisième chanson de John Lennon à figurer au très célèbre Rock'n'Roll Hall Of Fame.


Regardez Instant Karma ici (version originale)

dimanche 21 octobre 2007

Yes - I've Seen All Good People (1971)


Bien que la plupart des humains connaissent Yes via leur tube pop "Owner Of A Lonely Heart", sortit en 1983, la formation anglaise est surtout célèbre pour être un pillier fondamental du rock progressif. Remontons en 1971. Après avoir sortit deux albums dans l'indifférence générale, Yes abbat sa dernière carte en sortant son troisième effort discographique, "The Yes Album". Ce disque marque un changement dans la musique du groupe. En effet, c'est avec cette galette que Stewe Howe, jeune guitariste prodige, vient s'incruster dans la formation, pousse Peter Banks vers la sortie et donne un sérieux coup de barre au navire. (Si vous avez l'occasion, écoutez "Clap", la deuxième piste, c'est simplement un solo de Steve Howe et franchement, c'est à tomber par terre) La musique devient plus complexe, plus recherchée, plus compliquée et plus longue. Dorénavant, Yes jouera du progressif ! "I've Seen All Good People" est le premier 45 tours issu de cet album, c'est également l'une des chansons les plus connues mais aussi l'une des plus accessible. Car pour écouter du Yes, il faut s'accrocher à ses espadrilles ! Il faut déjà avoir une oreille bien entrainée pour se lancer dans ce genre d'aventure. Démarrant sur un superbe chant en choeur à capella avant de lier guitare acoustique, flute et orgue, "I've Seen All Good People" est un monologue qui compare la vie à un jeu d'échecs. D'après les membres du groupe, c'est également une oeuvre contre la guerre au Vietnam, qui faisait rage à l'époque. Plus récemment, cette chanson fût reprise dans le film de Tim Burton, "Big Fish", sortit en 2003. Le petit détail superflu pour finir : votre oeil acéré aura sans doute remarqué qu'un des membres du groupe à un pied plâtré sur la pochette du disque. Il s'agit du claviériste, Tony Kaye, qui s'était planté en voiture quelques jours avant la session photo.


vendredi 19 octobre 2007

Eric Clapton - Layla (1970)

Quelle histoire que celle de ce boquet ! "Layla" est incontestablement la chanson la plus connue du répertoire de Clapton. En 1966, George Harrison (le guitariste des Beatles) épouse Pattie Boyd, une jeune mannequin anglaise agée de 22 ans. Clapton, ami de George, contribue au morceau "While My Guitar Gently Weeps" des Beatles tandis que George viendra gratter un peu sur "Badge" du groupe Cream, ou officiait Clapton. A cette époque, on ne peut pas dire que notre ami Eric était au top de sa forme. En plus d'avoir des soucis dans son groupe Cream, notre guitariste était assez accro à l'héroine. Cerise sur le gateau, c'est à cette époque qu'il tombe éperdument amoureux de Pattie, la femme de son ami ! Inspiré d'un conte persan, "Layla" est en fait une déclaration d'amour bien cachée qu'a écrite Eric pour la belle Pattie. Pour la petite histoire, il finira par la lui piquer. En effet, Pattie divorce en 1977 et se remarie en 1979 avec Clapton. "Mais il lui a au moins cassé la gueule, le George ??" me direz-vous ? Que neni ! Que du contraire même ! Harrison ne fût point offusqué de cette union et fût même invité au (re)mariage de son ex-femme. Moi je me dis qu'il y a quand même eu des choses pas très catholique dans le dos du pauvre George qui apparemment, s'en foutait complètement. Heu bon Sato, si tu cessait de faire ton "Paris Match" et si tu nous parlais un peu du boquet proprement dit ?? "Layla" fût enregistrée pour la première avec le groupe Derek & The Dominos. C'est au départ une chanson assez longue, électrique et très énergique. A sa sortie en 45 tours en 1971, elle fût écourtée à 3 minutes. Elle fût ensuite ré-enregistrée à plusieurs reprises : en 1972 pour le best-of de Clapton, en 1982 en simple single, et enfin en 1992 pour l'émission "Mtv Unplugged" où toute une jeune génération la découvre. Cette dernière version acoustique reste assez mémorable puisqu'elle a obtenu la même année un Grammy Award, devant "Smell Like Teen Spirits" de Nirvana s'il-vous-plait ! Totalement épurée, on ressent encore mieux le sentiment que Clapton a voulu faire passer dans sa mélodie. Mais laissons le guitariste aux doigts d'or cloturer cette chronique sur une citation que j'ai repris ici : "Layla est une chanson difficile à jouer (dans sa version originale), je dois être accompagné de tout un orchestre sur je veux vraiment avoir tous les ingrédients pour la jouer live ! J'en suis très fier et j'aime beaucoups l'écouter. Par moments, j'ai l'impression que c'est la chanson d'un autre homme, d'un autre groupe. Je ne suis plus moi-même, c'est une autre personne qui écoute. C'est l'une des rares chansons qui me fait cet effet."



Regardez Layla ici (version acoustique)

jeudi 18 octobre 2007

Dire Straits - Private Investigation (1982)


Commençant sur un piano, accompagné d'arpèges de guitare acoustique, "Private Investigation" pose une grande mélancolie d'entrée de jeu. Le thème abordé est dans le titre : investigation personnelle, privée. Mark Knopfler y conte la vie nocturne et discrète d'un détective privé. "It's a mystery to me. The game commences. For the usual fee. Plus expanses. Confidential information. It's in a diary. This is my investigation. It's not a public inquiry" ("C'est un mystère pour moi, le jeu commence. Pour la paye habituelle. Plus les extras. Informations confidentielles, c'est dans l'agenda. C'est mon investigation. Pas un enquête publique.") Après les bruits de pas résonnant sur un carrelage ou encore un fusil qui se charge, on sent que le personnage vit dangereusement sous son chapeau et derrière son impair. C'est à ce moment que la deuxième partie du boquet prends son envol. Purement instrumentale, la guitare acoustique prépare le terrain avant de s'éclipser pour un bon riff comme ce cher Mark sait si bien les faires. La fin de la chanson n'a pas besoin de paroles ni d'explications. Avec son coté sombre, pesant, intriguant, on sent bien que le dénouement est tragique. Sortit sur l'album "Love Over Gold" en 1982, Mark Knopfler déclara avoir été inspiré par l'écrivain Michael Crichton pour écrire ce morceau. (Crichton est l'auteur du roman "Jurassic Park", adapté au cinoche en 1993 pour vous-savez-qui.) C'est avec "Private Investigation" que le groupe atteindra pour la première fois le top 5 britannique. Il est amusant de savoir que la chanson "Private Dancer" écrite par Knopfler, était initialement prévue pour figurer sur ce disque. Mais Mark trouvant le boquet plus sympa avec une voix féminine, il l'a céda à Tina Turner qui en fera un tube en 1985.

Regardez Private Investigation ici (attention, ces clips vieillissent assez mal...)